Petite histoire de la citoyenneté

Publié le par Julien GOUPIL

Petite histoire de la citoyenneté

La citoyenneté, une source antique

La notion de citoyenneté s'est précisée dans le contexte des Cités-Etats qui comme Athènes, Sparte ou Rome deviennent autonomes au V° siècle av. J. C. C'est particulièrement l'expérience athénienne qui assoit la notion de citoyenneté favorisant la distinction entre « citoyen » et « sujet ».

Une fois la citoyenneté acquise elle impose un principe essentiel : tous les citoyens sont égaux devant la loi et interviennent donc, de manière égale, à la prise de décision politique.

Les citoyens sont des hommes libres, ils peuvent se réunir dans un lieu unique afin de débattre des grandes questions intéressant la cité (guerres, traités de commerce, élections à divers postes…). La citoyenneté et ses obligations politiques y reçoivent littéralement un traitement moral : la citoyenneté active apparaît comme une vertu, et son abandon comme un vice. L’homme qui n'y prend aucune part est considéré comme un citoyen inutile.

Une citoyenneté nuancée

Périclès (leader démocrate du gouvernement athénien) présente le régime démocratique athénien comme le cadre naturel de la citoyenneté épanouie du fait qu'il combine l'égalité des droits au mérite individuel, provoquant l'émulation entre les membres de la cité en matière de civisme. Puisque le régime athénien repose sur la participation des citoyens aux processus de décision politique, Périclès perçoit Athènes comme la capitale du monde libre et comme le phare de l'humanité éclairée.

Pour autant il semble nécessaire d'objectiver et donc de nuancer ce jugement car à Athènes la citoyenneté ne concerne qu’une petite minorité. Seuls 10% des habitants ont la qualité de citoyens. Les femmes, les esclaves et les "métèques", c’est-à-dire ceux dont l'origine était extérieure à la cité, même s'ils étaient grecs, en sont exclus et n’ont donc pas le droit de participer à la gestion des affaires publiques.

La citoyenneté, un concept révolutionnaire

Après l'antiquité, la notion de citoyenneté connaît ensuite une éclipse à l’ère des monarchies : sociétés de privilèges, elles écartent toute participation de leurs sujets à la décision politique.

Cependant, la notion réapparaît au XVIIe siècle avec la Révolution anglaise, notamment à travers l’œuvre philosophique Le citoyen ou les fondements de la politique (1642) de Thomas Hobbes considéré comme l’un si ce n’est le fondateur de la philosophie politique moderne.

Ensuite, tout au long du XVIIIe siècle, les philosophes comme Kant, Voltaire, Rousseau, Hegel…. s’interrogent sur cette notion. C’est la période révolutionnaire qui installe en France la notion de citoyen qui remplace officiellement le terme de bourgeois. Si dans les premiers temps de la Révolution, on accorde la citoyenneté aux étrangers résidant sur le sol national, la règle change rapidement et la nationalité française devient une condition sine qua non de l’acquisition de la qualité de citoyen. Le lien entre nationalité et citoyenneté est dès lors installé.

La citoyenneté une notion progressive

En 1792 la Convention est élue au suffrage universel masculin.

En 1795, on rétablit un suffrage censitaire qui donne droit de vote aux seuls citoyens « actifs » soit les hommes les hommes de 25 ans minimum, et dont le montant des impôts équivalent à trois journées de travail.

En corolaire on distinguait le citoyen « passif », qui dispose de plusieurs droits, mais pas de celui de voter ou d’être élu.

Ce suffrage continue de s’appliquer pendant la première moitié du XIXe siècle témoignant ainsi d’une conception toujours restreinte de la citoyenneté.

C’est en 1848 que le suffrage universel masculin est instauré et n’est plus remis en cause dans son principe.

Une citoyenneté pleine et entière est progressivement reconnue à des catégories auparavant exclues. Ainsi le 21 avril 1944 le droit de vote est accordé aux femmes, en 1972 aux militaires.

Aujourd’hui seuls demeurent exclus, de droit, les jeunes de moins de 18 ans et les étrangers non communautaires. Ces derniers peuvent néanmoins voter aux élections professionnelles et universitaires.

Vers une notion nouvelle de la citoyenneté

Au fil des âges, la citoyenneté a évolué, elle a élargi ses bénéficiaires et étendue ses prérogatives exclusivement politiques pour épouser l'idée d'intérêt général. La citoyenneté intègre dès lors des principes humanistes, à savoir le respect des autres et de leurs différences.

Et demain?

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