Revisitons le concept de "citoyenneté active"

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Revisitons le concept de "citoyenneté active"

La notion de citoyen actif apparaît dès 1789 avec Sieyès(1) afin de distinguer le citoyen électeur (le citoyen actif) et le citoyen non électeur (le citoyen passif). Notons qu’à l’époque l’Assemblée constituante édifie un régime d’étagement des droits politiques ; sont considérés comme « citoyens passifs » les femmes, les personnes en état d’accusation, les faillis, les insolvables et les domestiques.

Le développement de la société, de la démocratie et de la citoyenneté nous amène à nous éloigner largement de cette définition binaire pour proposer un nouveau sens au concept de citoyenneté active.

Tout d'abord rappelons ce qu'est la citoyenneté. Elle est le fait pour une personne, pour une famille ou pour un groupe, d'être reconnu comme membre d'une cité nourrissant un projet commun auquel ils souhaitent prendre une part active.

La citoyenneté se définit aussi par trois valeurs fondamentales :

  • La civilité : attitude de respect, à la fois à l’égard des autres citoyens, mais aussi à l’égard des bâtiments et lieux de l’espace public. C’est une reconnaissance mutuelle et tolérante des individus entre eux, au nom du respect de la dignité de la personne humaine, qui permet une plus grande harmonie dans la société.
  • Le civisme : consiste, à titre individuel, à respecter et à faire respecter les lois et les règles en vigueur, mais aussi à avoir conscience de ses devoirs envers la société. C’est agir pour que l’intérêt général l’emporte sur les intérêts particuliers.
  • La solidarité : correspond à une attitude d’ouverture aux autres qui illustre le principe républicain de fraternité. Dans ces conditions, la solidarité, qui consiste à venir en aide aux plus démunis, directement ou par le biais des politiques publiques (ex : impôt redistributif) est très directement liée à la notion de citoyenneté.

Ainsi Un citoyen actif est un citoyen informé réfléchi et responsable, conscient de ses droits et en conséquence de ses devoirs (précisés dans un prochain billet). Il développe et fait valoir ses différents statuts d’individu, d’administré et d’électeur.

Il fait ainsi preuve d’une conscience spirituelle, d’une morale sociale, d’un sens politique et d’une appétence culturelle. Il est usager et acteur de son territoire et participe à la vie de son voisinage, de sa communauté, de son pays…

Important : Le témoignage de l’investissement d’un individu dans l’amélioration du bien-être de ses congénères et dans le fonctionnement des institutions au sein de la collectivité influence profondément auprès de l’ensemble des citoyens leur manière de penser la citoyenneté et leur besoin d’y participer. Il favorise l’instauration d’un cercle vertueux.

(1) Sieyès publie en 1788 son Essai sur les privilèges puis son pamphlet : « Qu’est-ce que le Tiers-Etat ? », qui deviendra un des textes fondateurs de la Révolution. Député Sieyès propose de changer le nom « Etats Généraux » en « Assemblée Nationale ». Il rédige, aidé par Mirabeau, le texte du serment du Jeu de Paume (20 juin 1789) qui sera la base de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Il est également à l’origine de la création des départements français

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